Ouvrez le dernier tableur que vous avez fait. Quadrillage gris, colonnes serrées, un total en gras tout en bas. Il calcule juste, et personne n'a envie de l'ouvrir le lundi matin.
J'ai écrit une skill, /sheets, qui fait fabriquer à Claude des classeurs Excel et Google Sheets beaux comme une affiche. Et qui calculent pour de vrai : on tape un chiffre, tout le classeur bouge, carte de France comprise.
Voici l'onglet d'accueil du classeur de démonstration. Toutes les données sont inventées, tout le reste est un fichier Excel ordinaire.

Capture Excel pour Mac, classeur de démonstration généré par la skill /sheets. Entreprises, villes et montants inventés.
Une grammaire, pas un thème
Une skill, c'est un fichier d'instructions que Claude relit à chaque fois qu'il en a besoin. La mienne tient en une page de règles visuelles et une bibliothèque de 43 fonctions pour les appliquer. Claude ne choisit pas les couleurs au jugé : il suit la grammaire.
| Règle | Ce que ça donne à l’écran |
|---|---|
| Zéro quadrillage | Des filets gris très clairs, le reste est du vide |
| 6 teintes pastel, 3 niveaux chacune | Clair pour les lignes, moyen pour les en-têtes, foncé pour les gros chiffres |
| Un titre de 26 points | Et une phrase grise qui dit à quoi sert l’onglet |
| Des tuiles de chiffres clés | Un libellé en capitales, un très gros chiffre, une légende |
| Au moins 1 visuel par onglet | Graphique, jauge, carte, frise, calendrier ou entonnoir |
| Une seule police | Aptos dans Excel, Lato dans Google Sheets |
La règle qui change le plus le résultat est la plus simple : une teinte pastel par bloc, et jamais deux blocs voisins de la même teinte. Les tuiles se distinguent sans un seul trait de séparation. L'œil trouve le chiffre avant de lire le libellé.
La deuxième : un onglet qui n'est qu'un tableau est un onglet raté. Chaque onglet porte au moins 1 visuel et 1 tuile de chiffre clé.
On tape un chiffre, tout bouge
Un beau tableur qui ne calcule pas, c'est une affiche. La skill impose l'inverse : une seule saisie par information. Les cases blanches se remplissent à la main, tout le reste se calcule.
La carte en est l'exemple le plus parlant.

Capture Excel pour Mac, classeur de démonstration généré par la skill /sheets. Entreprises, villes et montants inventés.
Excel n'a pas de carte de France. Claude en dessine une avec un graphique en nuage de points : 406 points pour le contour, et 200 villes placées d'après leurs coordonnées officielles (geo.api.gouv.fr). Une formule cherche la ville saisie dans cette liste. Un menu déroulant empêche de taper une ville qui n'y est pas, sinon son point ne s'afficherait nulle part.
Le planning de lancement suit la même logique. Les barres ne sont pas dessinées, ce sont des cases qui se colorent quand la date tombe entre le début et la fin de la tâche.

Capture Excel pour Mac, classeur de démonstration généré par la skill /sheets. Entreprises, villes et montants inventés.
L'entonnoir de vente est plus surprenant, parce qu'il a l'air d'un schéma.

Capture Excel pour Mac, classeur de démonstration généré par la skill /sheets. Entreprises, villes et montants inventés.
Chaque barre est une rangée de cases dont la largeur colorée se calcule à partir du nombre de gauche. Le taux de passage d'une étape à l'autre et le chiffre d'affaires généré sont des formules. On change le panier moyen, la tuile rose change.
Restent les deux onglets du quotidien : le calendrier éditorial et la to-do.

Capture Excel pour Mac, classeur de démonstration généré par la skill /sheets. Entreprises, villes et montants inventés.

Capture Excel pour Mac, classeur de démonstration généré par la skill /sheets. Entreprises, villes et montants inventés.
Rien de tout ça n'est une image collée. Le détail du classeur de démonstration :
Relevé du fichier Demo.xlsx et de la skill /sheets, 28 septembre 2026.
4 critiques et un QA avant que je voie le fichier
Claude qui juge son propre classeur se donne toujours une bonne note. La skill le lui interdit. Une fois le fichier construit, un script ouvre Excel en arrière-plan et photographie chaque onglet, sans passer devant mon écran. Puis 4 relecteurs regardent les captures et le fichier en parallèle, chacun avec son rôle : un directeur artistique, un entrepreneur pressé, un ingénieur des formules, un vendeur qui se demande si l'image arrête le pouce sur Instagram.
Chacun rend au plus 5 défauts, avec l'onglet, la cellule et la correction. Claude corrige, régénère, recapture. Un cinquième relecteur, le QA, note sur 20 avec une grille fixe. Tant que ce n'est pas 20, la boucle recommence.
Le même jour, j'ai passé à la skill 2 vrais classeurs : les relevés de sous-commissions et l'annuaire des partenaires d'une marque pour laquelle je tiens un réseau. Voici ce que les relecteurs ont trouvé.
| Qui | Ce qui a été vu | Pourquoi c’est grave |
|---|---|---|
| 3 relecteurs sur 4 | Le compte des IBAN lisait la colonne voisine | Le tableau de bord aurait dit qui est payable avec la mauvaise colonne |
| Les relecteurs | Des IBAN saisis dans la colonne Facebook | Une erreur de saisie héritée du fichier d’origine |
| Le QA | 3 personnes comptées deux fois : 118 au lieu de 121 | Un total faux dans une tuile que tout le monde lit |
| Le QA | 2 captures montraient le mauvais onglet | Les relecteurs jugeaient une image fausse |
Session du 28 septembre 2026, skill /sheets, 4 relecteurs et 1 QA en sous-agents Claude Code.
Aucune de ces erreurs ne venait de mes données. Elles venaient du classeur que Claude venait de construire. C'est pour ça que les relecteurs ne sont pas ceux qui l'ont écrit.
Ce qui a raté
Les relecteurs ne voient le classeur qu'à travers les captures. Or 2 captures montraient le mauvais onglet : Excel rouvre un classeur sur l'onglet de la session précédente, pas sur celui qu'on lui demande. Les relecteurs ont jugé une image fausse, sans le savoir. Le script vérifie maintenant le nom de l'onglet affiché avant de photographier.
Deuxième raté : Excel pour Mac ne redessine pas une fenêtre restée en arrière-plan. Les graphiques sortaient gris. Le script rouvre désormais le classeur une fois par onglet.
Troisième raté, dans Google Drive. J'ai déposé les fichiers en pensant qu'ils deviendraient des Google Sheets. Drive les a gardés au format Excel, parce que le réglage « Convertir les fichiers importés » était coupé (aide Google Drive). Il a fallu ouvrir chaque fichier et choisir « Enregistrer au format Google Sheets » (aide Google Sheets). Et Sheets ignore les barres de données, les jeux d'icônes et les liens vers un autre onglet : quand je lui dis que le classeur part dans Sheets, la skill les remplace par des jauges et passe la police en Lato.
La vraie limite est ailleurs. Un beau classeur donne l'air d'être juste. Sur les relevés de commissions, Claude a trouvé 8 lignes qui ne suivent pas la règle de calcul. Il n'en a corrigé aucune.
| A | B | C | D | |
|---|---|---|---|---|
| 4 | Partner | Main (€) | Sub-comm (€) | Check |
| 5 | Camille Ferrant | 52,00 | 13,00 | ok |
| 6 | Hugo Lestrade | 38,60 | 38,60 | ≠ ruleégale la commission |
| 7 | Inès Moulard | 24,40 | 6,10 | ok |
| 8 | Hugo Lestrade | 41,20 | 41,20 | ≠ ruleégale la commission |
| 9 | Lina Barrot | 28,60 | 14,30 | ≠ rulele double attendu |
| 10 | Théo Garnier | 71,20 | 17,80 | ok |
Maquette · exemple inventé. Dans le vrai classeur : 8 lignes marquées sur 16 mois de relevés, montants laissés tels quels.
C'est voulu. La skill porte une phrase qu'il relit à chaque vrai classeur : « Zéro invention sur un vrai classeur. Un chiffre réel vient d'une source lue, sinon la cellule reste vide. » Un montant de commission a peut-être été payé tel quel. Le remplacer par le résultat de la règle effacerait la seule trace de l'écart. La jolie mise en forme, elle, ne dit rien de tout ça : c'est la colonne de contrôle qui le dit.
La skill, à copier
C'est la version courte de celle que j'utilise, dans un seul fichier : ~/.claude/skills/sheets/SKILL.md. Claude Code la charge seul quand vous parlez d'un tableur, ou quand vous tapez /sheets. La mienne s'appuie en plus sur une bibliothèque de 43 fonctions. Celle-ci n'en a pas besoin : Claude écrit le code lui-même, avec openpyxl.
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name: sheets
description: Classeurs Excel et Google Sheets beaux et qui calculent. À charger dès que je demande un tableur, un tableau de bord, un planning ou un suivi.
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Tu construis le fichier .xlsx en Python avec openpyxl. Tout est natif : graphiques Excel, mise en forme conditionnelle, formules, menus déroulants. Jamais une image collée.
Grammaire visuelle
1. Zéro quadrillage. Des filets gris très clairs, le reste est du vide.
2. 6 teintes pastel (rose, pêche, jaune, menthe, lavande, ciel), 3 niveaux chacune : clair pour les lignes, moyen pour les en-têtes, foncé pour les gros chiffres. Jamais deux blocs voisins de la même teinte.
3. Un titre de 26 pt en haut à gauche, et une phrase grise qui dit à quoi sert l'onglet.
4. Une rangée de tuiles de chiffres clés : un libellé en capitales, un très gros chiffre, une légende.
5. Au moins 1 visuel par onglet : graphique, jauge, frise, calendrier. Un onglet qui n'est qu'un tableau est raté.
6. Une seule police : Aptos pour Excel, Lato pour Google Sheets. Colonne A étroite, qui sert de marge.
Ce qui le rend vivant
- Une seule saisie par information. Les cases blanches se remplissent, tout le reste se calcule (SUMIFS, COUNTIFS).
- Un menu déroulant pour chaque valeur finie. Chaque statut a sa couleur, une ligne « Fait » se barre, une échéance dépassée passe en rose.
- Des lignes vides prêtes à remplir sous chaque tableau, déjà reliées aux graphiques.
- Mois futurs vides, jamais à 0 : =IF(C5="",NA(),C5-D5), sinon la courbe plonge.
- Pas de TEXT() sur une date : son masque dépend de la langue d'Excel. Utiliser le format de nombre.
- Google Sheets ignore les barres de données et les jeux d'icônes : les remplacer par une jauge ou une échelle de couleur.
Relecture, obligatoire
Capture chaque onglet. Lance 4 sous-agents en parallèle sur les captures et le fichier : un directeur artistique, un entrepreneur pressé, un ingénieur des formules, un vendeur. Chacun rend au plus 5 défauts, avec l'onglet, la cellule et la correction. Corrige, puis un 5e sous-agent note sur 20 avec une grille fixe. Tu boucles tant que ce n'est pas 20. Jamais de note donnée à toi-même.
Règles de fond
- Démo : données inventées, jamais une vraie marque ni une vraie personne.
- Vrai classeur : zéro invention. Un chiffre réel vient d'une source lue, sinon la cellule reste vide. Tu signales les écarts, tu ne les corriges pas.
- Ne jamais écraser le fichier d'origine : livrer une v2 à côté.
- Données personnelles : jamais dans un lien public.
Source : RucheLab, ruchelab.com/blog/creer-un-tableau-excel-avec-claude
Sans capture d'écran automatique, demandez à Claude de vous dire quel onglet photographier, et glissez les images dans la conversation. Les relecteurs jugent alors vos propres captures.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
Écrivez votre grammaire, une fois. 5 règles dans une skill ou un CLAUDE.md suffisent : pas de quadrillage, une teinte par bloc, un titre énorme, des tuiles de chiffres clés, 1 visuel par onglet. Écrites dans la conversation, elles s'oublient à la session suivante.
Exigez du natif. Demandez des graphiques Excel, des menus déroulants et des règles de couleur, jamais une image collée. Le test prend 5 secondes : changez un chiffre et regardez si le graphique suit.
Faites relire par quelqu'un qui n'a pas écrit. Des sous-agents avec un rôle chacun, et une note sur 20 avec une grille fixe. Ils ont trouvé une colonne mal lue que je n'aurais pas vue.
Démo avec des chiffres inventés, vrai classeur avec une règle. Sur vos vrais chiffres, demandez à Claude de signaler les écarts, pas de les corriger, et de livrer une v2 à côté de l'original.
Le plus dur n'était pas de rendre le tableur beau. C'était de faire en sorte que la beauté ne cache rien.
Si vous voulez qu'on monte ensemble votre premier classeur, prenons 30 minutes.

